Ajoutez un logo, un bouton, des réseaux sociaux
Les Amis du musée se sont vus adjuger pour 4 200 € une sanguine représentant une vue topographique du parc et du château de Marly, dominés par la silhouette du village, œuvre qu’ils ont donnée au musée pour enrichir les collections.
• Une iconographie rare de Marly. A l’inverse de Versailles, Louis XIV n’a fait aucune commande pour représenter l’architecture et les jardins de Marly, sa résidence champêtre. Les représentations peintes et dessinées de Marly sont rares tandis que les estampes sont nombreuses. Le musée conserve quelques dessins anciens des XVIIe et XVIIIe siècles : de Charles Le Brun, Jacques Rigaud ou JeanBaptiste Oudry. Cette œuvre enrichit donc le fonds graphique et nourrit les représentations des jardins de Marly.
• Une composition originale. L’originalité de ce dessin réside dans le choix d’une vue désaxée, alors que les représentations privilégient souvent des vues soulignant la symétrie des jardins. Ce point de vue reflète la déclivité du terrain propice aux effets d’eau. Cette vue du bas des jardins, à savoir la partie nord, se caractérise par une succession de bassins animés de jets d’eau. Elle offre de précieux détails sur les berceaux de verdure, les topiaires, les emmarchements des bassins.
Vue du village de Marly | Sanguine, début du XVIIIe siècle, 13.2 x 41.1 cm
Vue du Pavillon royal vers 1710 - Crayon et sanguine, aquarelle et gouache sur papier, vers 1875 - Inv. 2016.2.1
Vue de l'Abreuvoir - Crayon et sanguine, aquarelle et gouache sur papier, 1857 - Inv. 2016.2.2
En septembre 2016, le musée a acheté à la Galerie Alexis Bordes (Paris), une Vue du Pavillon royal vers 1710 ; suite à cet achat, M. Alexis Bordes a offert au musée une Vue de l'Abreuvoir de Marly dessinée vers 1860. Ces deux aquarelles de grande qualité résument l'intérêt de l'œuvre de Guillaumot pour les amateurs de Marly. L'artiste a une formation de graveur d'architecture et fréquente l'entourage de Viollet-le-Duc. La rigueur de l'architecte se manifeste dans le tracé de ses deux compositions : les traits de sanguine et de crayon structurent rigoureusement la construction de l'espace représenté. Lorsqu'il découvre Marly, le château a disparu depuis près de cinquante ans et la nature a repris ses droits dans le domaine abandonné où plane la nostalgie de la grandeur déchue. Dans la Vue de l'Abreuvoir la végétation rampe sur les murs qui ont perdu leurs parements. Il se passionne pour l'histoire du château et présente au Salon des vues gravées de l'ancien domaine royal, dont une Vue de l'Abreuvoir réalisée à partir de cette aquarelle originale. Guillaumot se plonge dans les recherches historiques et compile l'iconographie sur Marly conservée aux archives et à la bibliothèque impériales (actuelles Archives nationales et Bibliothèque nationale de France) ; il collecte des gravures et croque les statues qui ornaient le parc de Marly. En 1865, publie un recueil intitulé Le château de Marly le Roi, premier aboutissement de ses recherches. Mais la Vue du Pavillon royal en 1710 n'y figure pas, ni dans la second édition. Cette aquarelle est une des œuvres les plus abouties de l'artiste. Le sujet y est l'architecture mais la rigueur de la vue est adoucie par la présence de nombreuses figures. Sa composition rassemble les bâtiments entourant le pavillon royal, notamment la chapelle et la salle des gardes, on distingue les bassins des Coureurs et une statue des appartements verts. Des personnages animent la vue, parmi lesquels le roi suivi par des courtisans.
Deux aquarelles du château de Marly par Guillaumot | Acquisition Galerie Bordes et don de M. Alexis Bordes.
Auteur | Auguste Guillaumot (1815 - 1892)
Jean-Baptiste Monnoyer, dit Monnoyer le Vieux, spécialiste de la peinture de fleurs œuvre à la cour de Louis XIV et pour les manufactures des Gobelins et de Beauvais. Après des études à Anvers, il arrive très jeune à Paris où il devient membre de l’Académie en 1665. Il se rend à Londres vers 1685 où il travaille pour le duc de Montagu. Ses œuvres, d’une grande précision botanique, sont très recherchées. De nombreuses lui ont été à tort attribuées car il ne les signe et ne les date que rarement.
Auteur | Jean-Baptiste Monnoyer (Lille 1636 - Londres 1699)
Sujet représenté : représentation animalière (chien, gibier, oiseau, forêt, genêt)
Auteur : Alexandre-François Desportes (Champigneulle 1661 - Paris 1743)
Précisions sujet représenté : Au centre du tableau, devant le tronc d'arbre et à droite : fleurs de genêts, molène ou bouillon blanc. Plus près du chien : des mousses
Il s'agit de l'un des quatre tableaux peints pour l'appartement de Louis XV
Alexandre-François Desportes est né en 1661, comme Louis XIV. Il est reçu à l’Académie royale de Peinture en 1699 comme peintre animalier. Il fera de ce genre sa vie ; peignant tous les animaux qu’il rencontre sur sa route : dans les campagnes autour de Paris, à la ménagerie royale de Versailles, à la ferme ou lors des chasses de Louis XIV et de Louis XV.
Peintre des chasses et de la meute royale, il suit le roi lors de ses chasses. Saint-Simon rapporte « qu’il allait même d’ordinaire à la chasse à ses côtés, avec un petit portefeuille pour dessiner sur les lieux leurs diverses attitudes, entre lesquelles le roi choisissait, et toujours avec goût, celles qu’il préférait aux autres. » Il peut être considéré comme le premier grand peintre animalier français. Reconnu pour ses talents picturaux par les deux monarques, il représente même les chiens de ces derniers. Enfin, il sera appelé pour peindre de grands décors animaliers pour des maisons royales dans les alentours de Paris (à Versailles, Marly, Meudon, Compiègne…).
Technique : Peinture à l'huile, toile Dimension : Hauteur en cm : 135.5 ; Largeur en cm : 177.5 ; Hauteur avec cadre en cm : 155.2 ; Largeur avec cadre en cm : 195.5 Période : Précisions inscriptions : Daté ; signé, En bas à droite : Desportes 1724
Chien à l'arrêt devant un perdreau rouge et un faisan
Tableau 1724 | INV.1986.14.1
Une commode du château de Marly. François Mondon (ébéniste)
Commode tombeau, satiné et bois de violette, 1745 - Inv. 2016.3.1.
En décembre, le musée a acquis une commode provenant des collections royales du château de Marly. Ce meuble, estampillé François Mondon, a été commandé pour les appartements de Mesdames à Marly. Il rejoint dans les collections du Musée-Promenade, une autre commode acquise par le musée en 1994. Les filles de Louis XV se partagent des appartements à l'attique du pavillon royal. Plusieurs meubles sont livrés à leur usage. Cette commode est livrée en 1745 par le marchand-mercier Gaudreaus. Elle est déplacée sous Louis XVI dans le cabinet du Tour. Sa trace est perdue suite aux ventes révolutionnaires qui dispersent une grande partie du mobilier de Marly.
Il s'agit d'une commode « de bois satiné à frise de bois violet bombée et chantournée à dessus de marbre brèche d'Alep ». La pièce a conservé son dessus en marbre d'Alep et la mise en peinture de couleur or d'origine couvrant les ornements en bronze. Les poignées des tiroirs et les entrées de serrure portent le poinçon au « C » couronné. L'usage de ce poinçon atteste le paiement d'une taxe qui s'applique de 1745 à 1749 sur tout objet en bronze ou en cuivre sortant d'atelier. Le poinçon confirme l'identification de la commode donnée par les archives. En effet, la commode porte au dos deux inscriptions tracées au pinceau. L'indication «N° 1386 » correspond au numéro d'entrée de la commode dans l'inventaire du mobilier de Marly en 1745. Mais ce numéro a été barré quand une nouvelle numérotation est mise en place en 1784 et la commode porte alors l'inscription « M N° 23 », la lettre M renvoyant au mobilier du château de Marly.
François Mondon